Aller au contenu

Blog › Guides

Investir en bitcoin après 60 ans : l'horizon, la part, la transmission

L'âge ne disqualifie personne. Ce qui change à 60 ans, c'est que 3 questions deviennent impossibles à esquiver : combien de temps devant soi, quelle part on accepte de perdre, et ce qu'on laisse derrière. Voici comment nous y répondons avec nos clients.

Un carnet, une paire de lunettes, une pièce de bitcoin et 3 fiches posées côte à côte : l'horizon, la part, la transmission.
En bref

Après 60 ans, le bitcoin n'a sa place que dans l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant 5 à 8 ans. La part reste petite : moins de 10 % de l'épargne financière, une somme dont la perte totale ne changerait rien à vos revenus. Et la transmission se prépare tout de suite, pas plus tard.

C’est le profil le plus fréquent chez nous : quelqu’un entre 55 et 70 ans, qui n’a jamais rien acheté de tel, qui en entend parler depuis des années et qui se demande si c’est raisonnable maintenant. La réponse dépend de 3 réglages, pas de l’âge lui-même. L’âge, lui, rend un sujet plus pressant : la succession de vos crypto-actifs. Avant de lire la suite, il faut savoir ce qu’est cet actif : comprendre le bitcoin avant d’y placer une part de son épargne.

L’horizon décide, pas l’âge

Placer en bitcoin de l’argent dont on aura besoin dans 2 ou 3 ans est une erreur à 30 ans comme à 65. La durée minimale que nous retenons est de 5 ans, 8 de préférence, parce que le bitcoin a déjà mis plusieurs années à retrouver un niveau perdu.

À 62 ans, cet horizon existe presque toujours. Une partie de l’épargne n’est pas destinée à être consommée : elle est là pour un imprévu lointain, ou pour être transmise. C’est cette poche, et elle seule, qui peut en porter une part.

Le test est simple. Si la somme envisagée a une date d’utilisation prévue, elle ne va pas là.

La part, plus petite qu’à 40 ans

Moins de 10 % de l’épargne financière est notre ordre de grandeur. Après 60 ans, c’est souvent moins, pour une raison arithmétique : il reste moins d’années de revenus pour absorber une perte.

Posez-vous la question dans l’autre sens. Cette somme perdue en totalité, que changerait-elle à votre train de vie l’an prochain ? Si la réponse est « quelque chose », le montant est trop élevé.

Et gardez la place pour le reste : une baisse de moitié est déjà arrivée plusieurs fois, et elle arrivera encore. Le bon montant est celui qui vous laisse indifférent à cette hypothèse.

Entrer par étapes plutôt qu’en une fois

À 62 ans, entrer au plus haut se rattrape moins facilement qu’à 35. Verser la même somme chaque mois plutôt qu’un seul versement supprime la question du moment, qui n’a de toute façon pas de bonne réponse.

Ce n’est pas une protection contre la baisse, et personne ne peut affirmer que l’étalement fera mieux. Ce qu’il enlève est réel : le risque de tout placer la veille d’une chute, et l’attente indéfinie d’un point d’entrée idéal. Comment fonctionne l’investissement progressif

La transmission, maintenant et pas plus tard

C’est la différence de fond avec un épargnant de 40 ans, et le sujet le plus souvent repoussé.

Des bitcoins détenus sur une clé dont personne n’a le code disparaissent avec vous. Aucun notaire, aucun juge, aucune administration ne peut les récupérer.

3 gestes suffisent. Écrire ce que vous détenez et chez qui, sans les codes. Dire où trouver les accès, chez votre notaire ou dans un coffre. Vérifier que vos héritiers sauront à qui s’adresser.

Des crypto-actifs confiés à un prestataire agréé entrent dans la succession comme vos autres biens : une fois le prestataire signalé, le notaire lui écrit, obtient leur valeur au jour du décès et sait à qui s’adresser. Que deviennent vos crypto-actifs à votre décès

Ce qu’il ne faut pas faire

Rattraper le temps perdu. L’idée qu’il faudrait mettre davantage parce qu’il reste moins d’années conduit à une erreur coûteuse. La durée ne se compense pas par le montant.

Se faire accompagner par un inconnu. Les personnes de plus de 60 ans sont la cible privilégiée des faux conseillers, des faux sites et des groupes qui promettent un accompagnement. Un prestataire de crypto-actifs légitime figure sous son nom exact sur la liste blanche de l’AMF, un conseiller en gestion de patrimoine sur le registre de l’ORIAS, et aucun ne demande vos codes d’accès.

Confondre détention et gestion. Acheter est facile. Tenir les accès en sécurité pendant 15 ans, garder l’historique de chaque opération pour les impôts et décider quand alléger, c’est autre chose.

Faire soi-même, ou confier

Gérer vous-même reste la voie la moins chère. Elle suppose que vous acceptiez de conserver vos accès, d’exécuter vos achats et de tenir vos comptes sur la durée, et que votre entourage puisse prendre le relais. Le guide déléguer ou gérer soi-même détaille ce que chaque voie vous demande.

Sous mandat, vous signez le cadre et un prestataire agréé décide et exécute dedans. Les actifs sont conservés par le prestataire, au titre de son agrément, séparés de ses propres avoirs, avec un suivi comptable des actifs de chaque client. Vous recevez un compte rendu et vous avez un interlocuteur, vos héritiers aussi.

Aucune des deux voies ne supprime le risque de perte. Elles répartissent seulement le travail et les responsabilités autrement. Comment fonctionne un mandat de gestion

Investir en crypto-actifs comporte des risques et peut entraîner une perte de tout ou partie du capital investi. Cet article a une portée informative et ne constitue pas une recommandation personnalisée d’investissement : la part adaptée à votre situation se détermine avec votre conseiller.

Sources

  1. Règlement (UE) 2023/1114 du 31 mai 2023 sur les marchés de crypto-actifs, Journal officiel de l'Union européenne,
  2. Listes blanches des prestataires de services sur crypto-actifs agréés, Autorité des marchés financiers,
  3. Comment déclarer les plus ou moins-values sur cessions d'actifs numériques, Administration fiscale,

Vos questions

Est-il trop tard pour acheter du bitcoin à 65 ans ?

L'âge ne décide pas, l'horizon décide. Si la somme concernée n'est pas destinée à être dépensée dans les 5 ans, la durée existe. Beaucoup d'épargnants de plus de 60 ans ont une épargne longue qu'ils ne comptent pas consommer et qu'ils pensent transmettre : c'est celle-là, et elle seule, qui peut porter une petite part de bitcoin.

Quelle part de mon épargne puis-je y consacrer ?

Une part dont la perte totale ne changerait rien à vos revenus. Moins de 10 % de l'épargne financière est l'ordre de grandeur que nous retenons pour la plupart des situations, et c'est souvent moins après 60 ans. Le bon montant est celui qui vous laisse dormir après une baisse de moitié, parce qu'elle s'est déjà produite plusieurs fois.

Le bitcoin peut-il servir de complément de retraite ?

Non, pas au sens d'une rente : il ne verse rien, et sa valeur peut baisser longtemps. Compter dessus pour un revenu régulier revient à s'exposer à devoir vendre au pire moment. Il peut avoir une petite place dans une épargne longue, à côté de revenus qui ne dépendent pas de lui.

Vaut-il mieux tout placer d'un coup ou étaler ?

Étaler enlève le risque de tout placer la veille d'une chute, et la paralysie qui va avec. Personne ne peut dire à l'avance lequel des deux l'emporte, cela dépend de ce que fera le prix.

Investir progressivement en bitcoin

Que se passe-t-il pour mes héritiers ?

Vos crypto-actifs entrent dans la succession comme vos autres biens, à leur valeur du jour du décès, avec les mêmes abattements. Le risque n'est pas fiscal : c'est qu'aucun héritier ne sache qu'ils existent, ou ne puisse y accéder. Un inventaire écrit et un prestataire identifiable règlent la question.

Faut-il gérer soi-même à cet âge ?

Cela dépend de votre goût pour la manipulation technique. Gérer soi-même veut dire conserver ses accès, exécuter ses achats et tenir l'historique des opérations pour les impôts, pendant 10 ou 20 ans. Sous mandat, un prestataire agréé s'en charge dans le cadre que vous avez signé, et vos héritiers ont un interlocuteur.

L'auteur

Matthias Vallet

Président, co-fondateur

10 ans dans les crypto-actifs, d'abord en conseil et en analyse. Il dirige RUFIJI Capital depuis sa création et l'a conduite à l'agrément MiCA. Au comité d'investissement, il porte l'analyse macroéconomique qui cadre chaque décision.

Son parcours

Parlons de votre situation

Vous nous parlez de votre situation, nous vous montrons comment nous travaillons. Si un mandat vous convient, lequel et pourquoi. S'il ne vous convient pas, nous vous le disons. Aucune décision à prendre pendant l'appel.

  • 30 minutes
  • En visioconférence ou par téléphone
  • Gratuit et sans engagement
Prendre rendez-vous

À lire aussi

Guides

Succession en crypto-actifs : ce que le notaire va demander

La liste des pièces, qui les fournit, et les délais qui courent dès le décès. Un notaire ne peut pas retrouver des crypto-actifs qu'on ne lui a pas signalés : l'essentiel se prépare de son vivant.

· 3 min
Guides

Peut-on mettre des crypto-actifs dans une assurance-vie ?

Non, pas directement. La liste des supports qu'un assureur peut proposer en unité de compte ne les prévoit pas, et le décret du 30 avril 2026 l'a resserrée plutôt qu'ouverte. Reste la question qui se cache presque toujours derrière celle-là : comment transmettre.

· 4 min
L’investissement dans des crypto-actifs comporte des risques et peut entraîner une perte de tout ou partie du capital investi.